LE CERCLE   

 

 

     

                                                    exemples de pochette


Orchestre circulaire

Gaël Mevel : violoncelle, composition
Jacques Di Donato : clarinette
Thierry Waziniak : percussions
Nicolas Nageotte : clarinette basse
Jean-Luc Cappozzo : trompette et bugle
Diemo Schwarz : création électroacoustique
Daniel Lifermann : flute shakuhachi

 

Disque " élu" citizen jazz

Le 6éme rêve de Nathanaël

part 1 ( extrait )

Le 6éme rêve de Nathanaël

part 2 ( extrait )


 

 

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Le "6ème Rêve de Nathanaël" est un OMNI (objet musical non identifié) capté au bord d'un océan avec ses flux et reflux, tempêtes, calmes, ses nostalgiques couchers de soleil, ses lames de fond, ses dépôts hétéroclites abandonnés sur la plage mais patinés par la main salée de la musique, ses irruptions qui amènent ruptures et ensuite acmée « free » pourtant jamais débordantes en deçà de la puissance préssentie.
Chaque son est élaboré, émis pour être écouté, contemplé dans sa plénitude, désuni d'abord puis s'agrégeant aux autres en une mélodie improbable. Du bruit gratté, soufflé, percussif, électronique, électro-acoustique, chanté, soyeux, feutré, strident, marrant, métallique, exotique d'ici ou de là-bas.
On aborde des contrées inédites, ouvertes, battues par un flot musical englobant et nous autres auditeurs, spectateurs nous sommes l'île au centre de cet océan sur laquelle vient s'échouer cette musique, une heure passe, infinie et déjà finie.

Dominique Masse

 

"Le 6ème Rêve de Nathanaël” (Nathanaël's Sixth Dream) is a UNO, an unidentified musical object picked up at the edge of the ocean with its ebb and flow, its tempests and lulls and nostalgic sunsets, its undertow and its eddies; amid the mixed debris washed ashore, beached and veneered by the salt of a music which at its highest irruptive peak does not break before the power of the wave is spent.
Each sound is carefully fabricated and voiced to be heard, contemplated in its fullness, taken apart and then joined to others to form an and odd and unexpected melody. Noises -- scratched, blown, struck, electronically or electro-acoustically produced, sung, silky, veloured, strident, hilarious, metallic -- are exotically evocative of the here and the elsewhere.
At large is an undiscovered open country, beaten by an enveloping musical flux, and we the listeners, the spectators, are in the center of the ocean on an island where music washes ashore for a never-ending hour that goes by and, so soon, has already ended.

 

 

 

Film de présentation

Création à "La Maison du Japon"

 

 


 

"Le Cercle », orchestre unique propose à l'auditeur une vraie expérience sensorielle et artistique.
Les musiciens sont en cercle et entourent le public, qui est ainsi au coeur de la musique en train de naître.
Associant composition, création d’espace sonore et improvisation, « le Cercle » tisse un pont entre les cultures Japonaises et occidentales, convoquant, tout en la recréant pour l’auditeur, une mémoire collective, à la fois vivante et inventée, la composition tirant de l'imaginaire collectif des bruissements de notre histoire ( le cinéma de Ozu, celui de Kurosawa, Bach, Debussy, la musique traditionnelle japonaise, Duke Ellington, Ravel, Gershwin, le rire de Bibi Anderson, la voix de Jeanne Moreau…).
Le cercle est une tentative d'amour collectif, de mise en relation entre le bruit, la mélodie, la mémoire, la verticalité et l’horizontalité.
Une ville nouvelle en quelque sorte.

 

Le Cercle, a unique orchestra which offers the listener a truly original sensory and artistic experience.

The musicians are placed in a circle around the audience who thus find themselves at the heart of the music as it is being made.

A delicate balancing act, incorporating composition, improvisation and the manipulation of sound, between Japanese and Western culture, Le Cercle recreates for the listener a collective evocation, rooted in memory and invention, of the soundtrack of history (the cinema of Ozu or Kurosawa, the music of Bach, Debussy, the Japanese folk tradition, Duke Ellington, Ravel, Gershwin, the laugh of Bibi Anderson, the voice of Jeanne Moreau...).

Le Cercle is an attempt to capture, in a collective élan, the relationship between sound, melody, memory, the vertical and the horizontal. In a word, a new soundscape.

Gaël Mevel

 


Citizen jazz disque "élu" Franpi Barriaux

 

Gaël Mevel est de ces musiciens dont on peut dire, sans que ce soit un cliché, qu’il est pluridisciplinaire. Pas seulement parce qu’il est multi-instrumentiste : des violoncellistes pareillement pianistes ou joueurs de bandonéon, c’est remarquable mais devenu assez familier dans la sphère de nos musiques. Pas uniquement parce que c’est un des pionniers des ciné-concerts, et que son répertoire s’attache à des films muets patrimoniaux de tous horizons qui ont comme point commun leur caractère indémodable, de Gosses de Tokyo de Ozu au Bonheur de Medvekine en passant par Le Vent de Sjöström. S’il est pluriel, c’est parce que Mevel se nourrit de tout cela pour offrir sa vision, son propre syncrétisme, jusqu’aux pochettes uniques de son label Rives, peintes à la main sur une surface aimantée par Dominique Masse qui signe également les notes du Sixième rêve de Nathanaël. Un songe décrit par Le Cercle, un septet réuni à la Maison de la Culture du Japon à Paris où l’on retrouve des figures de la scène improvisée hexagonale tels Jacques Di Donato ou Jean-Luc Cappozo, très en verve ici.

S’il s’agit du sixième songe, exposé ici en trois parties à l’instar des actes d’une pièce de Bunraku, les marionnettes japonaises, c’est qu’il y a eu des précédents ; dans la discographie de Mevel, Images et personnages propose en quintet le troisième rêve, déjà avec le percussionniste Thierry Waziniak, de toutes les aventures. La structure narrative est la même, basée sur un continuum sonore qui circule entre les musiciens sans rupture franche. Le rêve du cercle diverge néanmoins sur la forme et la spatialisation du son. Et si l’on pense au traditions nippones, c’est que la flûte shakuhachi de Daniel Lifermann ou les citations d’Ozu introduites dans la création électroacoustique de Diemo Schwarz induisent une unité de lieu. Du moins, un point de départ puisque d’autres voix fantomatiques viennent hanter une divagation poétique. Gaël Mevel tente de rétablir les voies anciennes de navigation entre l’Occident et le Japon. Des chemins forts codifiés, chargées de poésie, de douceur et de respect qui rendent la traversée aisée malgré quelques remous collectifs au terme du second mouvement. Il n’y aurait pas d’odyssée si tous les récifs se révélaient accueillants…

Sur ce « sixième rêve », le public est au centre d’une ronde formée par les musiciens, et lorsqu’on écoute au casque, conseillé pour profiter pleinement de l’expérience, on perçoit chacun des gestes, chacune des circulations, notamment un jeu permanent entre les clés des clarinettes (le clarinettiste basse Nicolas Nageotte fait un travail nodal dans la multitude de tangentes créées) et les frottements des cordes du violoncelle et des peaux du tambour. Il est d’ailleurs nécessaire de saluer la précision de l’ingénieure du son Céline Grangey qui transcrit à merveille l’étourdissement qui s’empare de nos sens à mesure qu’on se laisse submerger par cette musique instinctive et pourtant scrupuleusement écrite. Comment pourrait-il en être autrement ? On ignore qui est Nathanaël, mais l’on comprend vite qu’il hante les errances de Mevel où se croisent (ce sont ses exemples) le rire de Bibi Anderson, Debussy, Duke Ellington et le cinéma de Kurosawa. Autant dire qu’on se sent chez soi dans cet univers qu’on quitte avec difficulté, comme sa propre couette.